Jean-Claude MONTANIER Publications

      Léonor Jean Christin SOULAS d’ALLAINVAL (Abbé)
                       (Chartres 1696 – Paris 1753)


 

   La personnalité de Léonor Jean Christin Soulas d'Allainval (1696-1753) a souvent été réduite à celle d'un auteur ayant certes quelque talent mais se plaisant à vivre dans une incurie totale. 
    Un ouvrage : "Léonor Jean Christin SOULAS d'ALLAINVAL - Un littérateur et son théâtre au XVIIIe siècle" , apporte enfin la connaissance de son identité et de ses origines. Sa biographie dévoilée éclaire ainsi d'une façon nouvelle la lecture de son oeuvre.
    Son théâtre, représenté tant à la Comédie-Française ou au Théâtre-Italien qu'à l'Opéra-Comique, apporte une vision critique incomparable des moeurs sociales de son époque.
    Sa vie ne fut pas simple, ponctuée par un séjour dans les cachots de la Bastille pour lequel Voltaire ne semble pas étranger.
    Plus qu'un auteur dramatique, Léonor Jean Christin Soulas d'Allainval est un portraitiste de la société de la 1ère moitié du XVIIIe siècle.
 





Léonor Jean Christin SOULAS d’ALLAINVAL, connu également sous le nom de l’Abbé d’ALLAINVAL,  est un auteur dramatique de la première moitié du XVIIIe siècle.
Bien qu’ayant été joué plus de trois cents fois sur la scène de la Comédie-Française, ainsi qu’au Théâtre des Italiens et à l’Opéra Comique, d’ALLAINVAL est tombé dans l’oubli. D’ailleurs ses contemporains ne nous ont pas laissé beaucoup de témoignages le concernant.


 
En 1785, soit plus de trente ans après sa mort, la veuve Valade qui imprime et édite L’Embarras des Richesses, n’écrit-elle pas dans sa préface :
 
« On sait fort peu de choses sur le personnel de cet auteur. Tous les biographes qui en ont parlé, s’accordent à dire qu’il s’appelait Léonor-Jean-Christine Soulas d’Allainval, et qu’il naquit à Chartres ; mais aucun ne nous apprend en quelle année, ni quels furent ses parents. On peut conjecturer qu’ils n’étaient pas riches et qu’il vint tout jeune à Paris, pour cesser de leur être à charge et tâcher de faire sa fortune par lui-même, en quoi il ne réussit gueres. Il prit l’habit Ecclesiastique, sans doute, seulement comme plus économique que tout autre ; car il n’y a pas d’apparence qu’il soit jamais entré dans les Ordres, puisqu’il travailla publiquement pendant dix ans, pour les différents Théâtres, même pour celui de l’Opéra-Comique. Tous ces ouvrages ne purent le faire vivre dans l’aisance, quoique parmi ceux qu’il donna au Théâtre plusieurs eurent du succès, tels que l’Ecole des Bourgeois. On a prétendu même qu’il était si indigent, qu’il ne pouvait faire les frais d’un logement fixe et qu’il couchait indifféremment dans le premier endroit où il se trouvait ; souvent, dit-on, il passait la nuit dans quelqu’une des chaises à porteurs qui sont au coin des rues. »
 
Le décor est planté et la réputation de Soulas d’Allainval établie pour l’éternité ! La référence du XVIIIe siècle littéraire, le Dictionnaire des Lettres Françaises, entérine ce jugement sans appel :
 
«  Allainval (Léonor-Jean-Christine Soulas d’), Chartres 1700 – Paris 2 mai 1753, auteur dramatique. D’une famille de bonne noblesse mais dépourvu de fortune, il lutta toute sa vie contre la misère sans jamais réussir et dépensa un talent qui n’était pas sans valeur avec une malchance persistante. »
 
Ses biographes successifs se sont contentés de reprendre ces affirmations et ont laissé se véhiculer une image de pauvre diable cherchant désespérément à assurer sa subsistance avec ses écrits.
Une présentation aussi caricaturale ne peut être le reflet d’une réalité plus complexe. La publication d’un livre : « Soulas d’Allainval, un littérateur et son théâtre au XVIIIe », concluant plusieurs années de recherches, révèle la naissance et l’identité de Léonor Jean Christin Soulas d’Allainval. Sa biographie dévoilée éclaire d’une façon nouvelle la lecture de son œuvre. Son théâtre est analysé, apportant ainsi une vision critique incomparable des mœurs de son époque.