Jean-Claude MONTANIER Editions Bienvenue sur :

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                            Les Vents
                      du Destin

                       
(Roman historique) 






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A partir de nombreux documents d'époque, l'auteur replace la destinée de deux familles dans le contexte historique de la fin du XVIIIème siècle.
Celle de Marthe, tout d’abord. Alors qu’il travaille dans ses champs de Balagne, Jacques-Marie Franceschini est enlevé, ainsi que son épouse Silvia, par les pirates barbaresques. Avec la naissance de leur fille Marthe ils entrevoient la liberté. Mais les vents du destin leur sont à nouveau contraires. Ils conduiront Marthe dans le palais du Sultan, où, bien qu’elle connaisse le sort d’une princesse, son père tentera de l’arracher.
Celle de Marie, ensuite. Martin Chave, marin au Martigues, ne parvient plus à subvenir aux besoins de sa famille et se résout alors à s’exiler vers Cadix. Sur le bateau, Marie découvre l’histoire de Marthe. Là encore les vents du destin vont souffler et entraîner Marie dans le sérail du sultan de Maroc.
Les destins de Marthe et Marie vont se mêler et influer sur le royaume de Maroc. Mais le passé va ressurgir avec l’apparition de Louis, le frère de Marie, qui lui révèle un lourd secret.
Les aventures sont romanesques, quelquefois cruelles, mais les vents du destin nous permettent toujours de rêver.
Deux destinées parvenues jusqu'à nous sous forme de récits de voyage ou de légende ont servi de trame et s'entremêlent dans ce roman tissé sur fonds historique.
La première est rapportée par Lucien Dégut dans son ouvrage Martigues. Une note du 10 juillet 1822 émanant d’un nommé Martin, secrétaire de la mairie de Saint-Mître lui est communiquée. Son titre : L’Impératrice du Maroc. Elle fait état d’une Chave, native de Martigues, faite esclave avec sa famille au retour de Cadix, et placée au service de l’Impératrice mère. Le fils du sultan en tomba amoureux et l’épousa bien qu’elle n’y consentit qu’à la condition de conserver sa religion. Lucien Dégut, qui attribuait quelque véracité à cette histoire, formait le vœu d’éveiller la curiosité des chercheurs et historiens locaux pour apporter des preuves irréfragables à cette destinée. Il semble plutôt, que pour une raison inconnue, l’auteur de la note ait transposé à Martigues une légende venue de Corse.
La seconde destinée nous vient en effet de l’Ile de Beauté. Magnifiée sous les traits de l’Impératrice corse, la légende de Marthe Franceschini fait toujours vibrer les insulaires et rêver les enfants à qui les grands-mères ne cessent de la raconter.
La petite Davia, huit ans, fille des Franceschini, pauvres gens de Corbara en Corse, avait secouru une pauvresse qui errait dans la forêt proche. En signe de gratitude, celle-ci lui avait noué autour du cou un porte-bonheur : « Il te rappellera la bonne action que tu as faite quant tu as secouru la pauvre Aréna ». A la recherche de jours meilleurs, la famille Franceschini s’embarque sur une frêle embarcation, le Saint-Angelo à destination de Marseille, lorsqu’ils sont pris dans une terrible tempête. A peine ont-ils pris pied sur une terre que tous redoutent être l’Afrique habitée par les terribles Barbaresques que la mère meurt d’épuisement et que le reste de la famille est capturé par des cavaliers qui se proposent de les vendre comme esclaves au sultan. Au vu de l’objet que la petite fille porte au cou qui se révèle être un talisman vénéré, l’Empereur laisse tomber sa tête sur sa poitrine et de ses yeux noirs jaillissent des larmes. Les Franceschini sont traités en princes, Davia est éduquée. Un jour elle lui demande qui était donc Aréna ? « C’est ma sœur, elle était malheureuse dans le palais de notre père et elle s’est enfuie ». Les années passèrent et le sultan finit par demander la main de Davia. Elle devint impératrice du Maroc.

 
A ces deux destinées romanesques, s’ajoute une troisième histoire, beaucoup plus tragique. Elle prend place en 1712. Elle nous est rapportée par un des Pères de l’Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci qui œuvre pour la libération des esclaves chrétiens.
« Un Français, natif de Martegues en Provence, était venu s’établir au Port de Sainte Marie à deux lieues de Cadiz ; cet homme étant mort, sa femme nommée Marguerite Bourdine,  voulut s’en aller en France avec sa famille ; mais le Bâtiment sur lequel elle s’était embarquée ayant été pris par les Corsaires de Salé, elle fut menée captive à Miquenez avec ses enfants & l’équipage ». Deux de ses filles se renièrent, et les deux autres « se marièrent avec deux Esclaves Français, qui avaient été pris avec elles, sçavoir l’une nommée Honorate Chave à Etienne Coulon natif de Martegues, & l’autre appelée Magdeleine Chave à Philippe Vivant natif de Marseille ». Les deux garçons du premier moururent accidentellement, l’un d’un coup de fusil, l’autre transpercé par une lance dans un jeu mortel.  Avec l’aide des Pères de la-Merci, la famille est présentée à l’audience de l’Empereur.  "Ce Prince, jeta d’abord les yeux sur les deux aînés de ces cinq garçons, dont l’un pouvait avoir vingt ans, & l’autre dix-huit ; il luy permit de s’en aller avec les trois qu’il reconnaissait être à elle, mais il voulait absolument que les deux autres restassent, parce qu’il ne pouvait pas croire qu’elle en fut la mère ». La mère préféra demeurer esclave que  se résoudre à une si cruelle séparation et d’être la cause d’un si grand malheur. « Malheur cependant qu’elle n’a pu entièrement éviter, puisque nous avons appris depuis, que son aîné s’est fait Renégat, & que le cadet, qu’on avait déjà empêché de renier, avait été brûlé vif, pour avoir, en jouant, tué un jeune Maure. »
Outre ces trois histoires qui servent de trame à ce roman, de nombreux événements historiques ainsi que les personnages qui les ont animés y sont relatés, même s’ils ont pu quelquefois prendre place à une date différente.
La cité du Martigues en Provence, qui avait connu l’apogée de son développement et de sa population au XVIIe siècle, décline ensuite fortement sous l’effet des catastrophes climatiques, comme l’hiver de 1709, ou des contagions, comme la peste de 1720. Mais c’est surtout la réduction considérable des activités liées à la mer, pêche, négoce, construction navale, due à l’obstruction des bourdigues et l’envasement des canaux, qui va entraîner l’agonie de la ville et l’exode des marins vers Marseille mais aussi l’Italie et l’Espagne, notamment Cadix.
Charles Luce, est un marchand originaire de Grasse installé à Marseille. Il a comme associé Charles Roman à Livourne de 1743 à 1748. Ses bateaux font du cabotage sur la côte jusqu’à Menton, desservent les ports italiens dont Livourne principalement, et le trafic avec les ports du Levant tels que Saïda, Salonique et Alexandrie. Il a fait de Livourne la plaque tournante du commerce entre le Levant et la Méditerranée.
Vera Cruz a été, depuis le XVIe siècle, le seul débouché maritime légal pour tout le trafic maritime avec l’Espagne. La Caisse de Vera Cruz voyait passer une bonne partie du trésor américain des monarques espagnols. Cette situation a généré un système de fraude d’une ampleur surprenante. On estime à un tiers environ le montant des pertes dues à la fraude sur les livres de bord. Le commerçant Pedro Roxas s’associa en 1714 avec le Trésorier de la ville pour monter une compagnie qui s’imposa, grâce aux influences de ce dernier, comme la plus puissante du port.
Cadix bénéficiait du monopole du commerce de l’Espagne avec ses colonies américaines. Ses cent-vingt-six tours belvédères sont les témoins de la prospérité du port au XVIIIe siècle. Antonio Tavira, ancien lieutenant de frégate, servira de vigie officielle sur la plus haute de ces tours.
Au début du XVIIe siècle, Philippe II d’Espagne, au nom de la « vraie foi » chasse les Musulmans du sol espagnol. Quarante mille d’entre eux se réfugient au Maroc dont huit mille à Salé où leur haine est si grande qu’ils vont former le plus important port de piraterie sur le littoral. De là les corsaires vont écumer les mers faisant des Espagnols en particulier et des Chrétiens en général leurs victimes. Les attaques des européens devant Salé échoueront. Une trève interviendra en 1767 avec le traité entre la France et le Maroc mais il faudra attendre 1818 pour que Moulay Sulaiman et le Maroc renoncent définitivement à la course.
Sidi Mohammed III ben Abdallah el-Alaoui qui naquit vers 1709 devint sultan du Maroc en 1757 jusqu’à sa mort en 1790 et installa la capitale du royaume à Maroc devenue Marrakech. On lui prête onze épouses qui lui donnèrent vingt-et-un fils et cinq filles reconnues. Parmi les sultanes on note Lalla Sargetta, fille d’un renégat anglais et mère du futur sultan Yazid, Lalla Fatima première épouse, et une génoise, sa dernière épouse (il s’agit en fait de Marthe Franceschini).
Le sultan fit d’Essaouira, Mogador pour les européens, le plus important port du royaume en confiant en 1764 sa construction à Théodore Cornut, un architecte natif d’Avignon à la solde des Britanniques de Gibraltar. Accusant le Français d’être trop cher et de travailler pour l’ennemi britannique, il le remplace par des architectes génois.
A la mort du sultan en 1790, la bataille pour sa succession fait rage entre ses fils. Yazid qui s’était rebellé contre son père l’emporte tout d’abord et règne pendant deux ans avant d’être tué par son frère Hicham. Ce dernier peu attiré par l’exercice du pouvoir, abdique en 1797 en faveur de son jeune frère Moulay Sulaiman. Le nouveau sultan entretint de bonnes relations avec la France et s’attacha à conclure de nombreux traités de commerce. Il mit fin en 1817 à la piraterie du Maroc et interdit la course contre les chrétiens.
Louis Chénier a été chargé des affaires de France au Maroc de 1767 à 1781 avec une interruption de 1773 à 1775 où il est remplacé par Joseph de Pothonier. Ses relations avec le sultan seront tumultueuses, Louis Chenier s’attachant à défendre la liberté de commerce accordé aux négociants français par le Traité de Paix et d’Amitié de 1767. Il apportera secours aux naufragés et procèdera au rachat d’esclaves sur ses propres deniers.
William Lempriere était un médecin anglais en poste à Gibraltar lorsqu’il fut appelé par le sultan Mohammed en 1789 pour soigner son fils Absulem menacé de perdre la vue. Satisfait de ses services, le sultan lui demanda alors de s’occuper de la santé d’une de ses sultanes, Lalla Zahra, qui avait été empoisonnée. Il eut à cette occasion l’opportunité de voyager à travers tout le pays mais surtout d’être le seul européen à avoir été admis au sein du harem.
Alors que la plupart des ports voient apparaître les navires à vapeur, Marseille reste dans l’expectative. Bien que le 3 novembre 1818, un service régulier soit ouvert avec Naples par le Ferdinedo 1er, il faut attendre les années 1830 pour voir des entrepreneurs tenter l’aventure de la vapeur.